François Hollande et Mario Monti ont remis le projet de ligne ferroviaire entre Lyon et Turin sur les rails. La déclaration commune franco-italienne destinée à relancer ce projet vieux de 20 ans a été signée lundi à Lyon.

Le président français et le chef du gouvernement italien sont réunis  à l’occasion d’un sommet franco-italien, en présence du Premier ministre Jean-Marc Ayrault et de huit membres de chacun des deux gouvernements.

Un projet « écologique »

Le maire socialiste de Lyon, Gérard Collomb, s’est félicité de la concrétisation du projet Lyon-Turin, après s’être entretenu avec François Hollande lundi matin. « Bien sûr, c’est cher, mais regardez par exemple ce qui s’est passé pour le tunnel sous la Manche (…) On voit aujourd’hui que des régions comme celle du Nord-Pas-de-Calais repartent de l’avant parce qu’il y a eu ce type de réalisation, et donc c’est fondamental surtout dans les périodes de crise, de continuer à aller de l’avant », a-t-il commenté devant la presse. Interrogé sur les opposants à la future ligne ferroviaire, qui organisaient lundi une manifestation à Lyon, Gérard Collomb a réaffirmé le caractère « écologique », selon lui, du projet. « Il vaut quand même mieux avoir des camions qui sont sur la route ferrée, qu’avoir des camions qui traversent l’agglomération lyonnaise, qui ensuite traversent les vallées alpines », a-t-il déclaré.

Convaincre l’Europe de financer

Le coût global de la ligne ferroviaire Lyon-Turin est évalué à 25 milliards d’euros, avec un objectif d’entrée en service à l’horizon 2028-2029. Le tunnel transfrontalier de 57 kilomètre destiné à relier les gares de Saint-Jean-de-Maurienne en France et de Suse en Italie, est estimé à lui seul à 8,5 milliards d’euros. Aucune précision n’a été donnée quant à la répartition de la prise en charge de ces 8,5 milliards entre l’Italie (qui serait de 2,9 milliards d’euros), la France (2,2 milliards). Pour les 40% qu’il reste, « ça demandera que la France et l’Italie continuent leur travail de conviction auprès de la Commission européenne », a affirmé François Hollande, ajoutant que l’obtention de ce financement « dépend aussi beaucoup du budget européen ».